Normaliser l’accouchement pour voir la douleur autrement.

Ahhh… l’accouchement et la naissance. Ce sont des sujets qui me passionnent et me fascinent depuis ma première grossesse. Combien de livres j’ai lu à ce sujet ! Et pourtant…

L’accouchement est pour moi quelque chose de sacré. C’est un moment entre deux mondes où on devient mère et ou on vit une renaissance. Un moment de transition ou le bébé navigue et traverse son berceau de chair qui le sécurisait tant quelques instants auparavant pour naitre dans un autre monde. Imaginez-vous à la place de nos bébés, comment ça doit être effrayant ! Et ils avancent avec confiance. Ils savent exactement le chemin, comme s’ils l’avaient emprunté plusieurs fois. Après tout, c’est peut-être le cas…

J’avais envie de parler d’accouchement. De la normalité de l’accouchement. Malgré tout ce qu’on peut en dire, est-ce qu’il y a quelque chose de plus normal que d’accoucher ? Comme dirait Karine (du blogue Quantik Mama, anciennement Karine la sage-femme): << depuis que le monde est monde, les femmes enfantent l’humanité. >> Comme les animaux, d’instinct, nos corps sont faits pour mettre au monde nos enfants et le placenta qui vient avec. Ils ont été parfaitement conçus pour faire ce travail.

Quand on parle d’accouchement, on pense et fait référence souvent à la douleur. Mais si on voyait cette douleur autrement ?

Si on la voyait comme un rite de passage, comme un indicateur, comme une boussole ? Nos bébés tracent leurs chemins à travers nos corps et c’est en étant à leurs écoutes qu’il nous est possible de suivre leurs trajectoires.

Je sais, je sais. C’est vrai que ça fait mal. Que les vagues peuvent nous traverser tellement fort qu’on pense s’y noyer. Qu’on pense ne plus être capable d’en prendre une autre. Qu’on oublie même de respirer. Qu’on pense parfois qu’on n’y arrivera jamais. Mais on y arrive, chaque fois.

Je me rappelle très bien avoir senti Maïa franchir mon col. Je la sentais, sa tête, qui descendait au creux de moi. Malgré les fortes contractions, je restais à l’écoute. J’essayais de l’accompagner dans son entre-deux. Je me répétais intérieurement : laisse ouvrir. Ouvre-toi. Laisse-aller. Pour ma première fille, je n’étais pas du tout à l’écoute de mon corps et de mon ressenti. J’essayais de contrôler la douleur, de la maîtriser. C’est souvent ça, le problème des humains. On réfléchit trop, notre tête essaie de prendre le contrôle. Mais pour cette fois, on doit vraiment laisser toute sa place au corps et a sa symphonie d’hormones merveilleusement orchestrée pour faire son travail. Pour la deuxième fois, j’ai compris que je devais y plonger, m’y noyer pour mieux renaître.

J’ai crié souvent. J’ai pensé mourir, moi aussi. Les mots de ma sage-femme m’ont marqué après la naissance de Maia : << les femmes sont prêtes à se laisser mourir pour faire naître leurs enfants >>

Et c’est tellement ça.

Voyons la douleur comme nécessaire, comme un guide. Plongeons à l’intérieur de nos corps qui font exactement ce pour quoi ils ont été créer. Si on les laisse faire, ils savent exactement comment faire naître nos bébés.

Tout comme nos bébés savent exactement quoi faire pour venir au monde.

Les femmes sont magiques. Nos corps sont précieux, ils créer les êtres humains de demain et les mets au monde. Faisons leurs confiances.

M xxxx

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