Naviguer entre femme et mère

Photo de couverture par Tania Cloutier Photographie

Depuis quelque temps, plus je m’informe et m’éduque sur le féminisme et la société patriarcale dans laquelle on a évolué (ainsi que la naissance de nos bébés, ça vient avec!) je remets tout en question.

Je me sens dans un tourbillon mental qui me rend un peu folle, je vous l’avoue!

En choisissant d’être mère, c’est comme si on choisissait (inconsciemment, dans notre culture) de mettre le reste de côté. En tout cas, c’est ce que j’ai fait.

Quand j’ai choisi d’être à la maison, j’ai fait ce choix parce que je considérais que c’était la meilleure solution pour nous tous. Surtout pour mes enfants, notre qualité de vie, leurs éducations. C’est encore clairement ce que je pense aujourd’hui et c’est ce que je souhaite aussi à tout le monde.

Reste qu’avec le temps, j’ai découvert le côté sombre de la maternité : le fait de s’oublier.

Comme si, depuis que je suis mère, j’avais mis mes rêves et mes ambitions sur pause. Et qu’en plus, c’est ce que la société nous dit de faire.

Le père pourvoyeur, la mère qui s’occupe des enfants. Le père qui fait de l’argent, la mère qui fait la cuisine.

Ça sonne tout de même dramatique, dis comme ça. Mais c’est le modèle qu’on a. C’est notre héritage.

Pourtant…

C’est pas parce qu’on devient mère qu’on a plus le droit de rêver.

C’est pas parce qu’on devient mère qu’on a plus le droit d’avoir des projets.

C’est pas parce qu’on devient mère qu’on n’a pas le droit de se réorienter.

C’est pas parce qu’on devient mère qu’on n’a pas le droit d’avoir de l’ambition.

C’est comme si on avait comme message qu’on ne peut pas être tout à la fois. Qu’on ne peut pas être les deux.

C’est vrai qu’il faut faire des choix. Qu’il faut prioriser.

Ma priorité est et sera toujours mes enfants.

Mais je décide consciemment chaque jour de me choisir un peu plus. De reconnaitre que je suis importante. De reconnaitre que j’existe.

J’ai le droit d’exister en tant que mère et en tant que femme. J’ai tout ça, qui cohabite en moi.

C’est pour cette raison que, chaque jour, je choisis d’étudier les plantes. Je suis en train de tout mettre en branle pour me former en tant que doula cette année. Pour vous vendre les produits qui vous permettra à votre tour de prendre soin de vos cocos. Sans que mes enfants aillent à la garderie ni que j’aille à sacrifier notre qualité de vie.

Je sais et je sens avec toutes mes cellules que je suis capable de faire les deux.

Je visualise mon bureau, dans la maison, rempli de plantes et d’illustrations de bébé et de placenta. Je visualise aider les femmes à réclamer leur pouvoir en mettant au monde leurs bébés. Je me visualise en train de leur donner des onguents pour prendre soin de leurs mamelons et des fesses de leurs nouveau-nés.

Tout ça, avec mes enfants, dans une pièce à côté, avec une de leurs grands-mères.

Je veux et je vais contribuer à ma façon à changer le paradigme. J’ai besoin de participer au bien commun et collectif pour me sentir utile et vivante. Ne serais-ce quelques heures par semaine. J’ai trop d’idées, de connaissances et de passions pour ne pas partager avec les autres. Tout ça en étant à la maison avec mes filles. En devenant tranquillement la meilleure version de moi, un peu plus.

Bref, je nous (me) souhaite de nous sentir complètes. Entièrement ce que l’on est. Mère et femme à la fois.

Promis, j’y travaille consciemment chaque jour.

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